Je ne suis pas une statistique !

Une fois, j’ai lu quelques statistiques sur les enfants de parents divorcés qui auraient plus de difficultés comparés à leurs pairs provenant de familles considérées plus « stables ». Mais je ne suis pas une statistique ! Eoula !

Si seulement mon père avait demandé une aide pour son problème d’alcool, si seulement ma mère ne l’avait pas provoqué constamment pour lui demander de l’argent pour la maison. Si seulement ils avaient pu régler leurs différends et se pardonner mutuellement. Si seulement…

La disparition de l’atmosphère tendue et fragile qui avait prévalu dans notre maison depuis tant d’années, fut bientôt éclipsée par la pénible prise de conscience d’avoir été abandonné et d’être la victime de circonstances malheureuses. Je n’ai cessé de me demander pourquoi, alors que ce sont eux qui se battaient constamment, j’étais celui qui était blessé et se retrouvait aux prises avec la vie…

Je n’étais certainement pas responsable de leur amertume réciproque ! Pourtant, j’étais bien le seul à me sentir perdu et en proie à cette haine bouillonnante et profonde qui me minait de l’intérieur. Au point que souvent je déversais tout ça sur les autres ; ce besoin de faire du mal parce que j’étais mal…

Je suis la preuve vivante que la personne élevée dans une famille ressemblant à une zone de guerre parvient difficilement à se montrer juste et équitable. Je fais partie de ces jeunes dont on dit qu’ils manquent de motivation pour terminer leurs études et qui peinent à prendre des décisions essentielles pour leur vie. C’est vrai, les enfants doivent avoir un meilleur départ dans la vie. La cellule familiale n’est pas censée fonctionner comme ça !

Mais maintenant, je dois en quelque sorte oublier le passé et repartir, laissant tout ce bagage derrière moi. Je sais que c’est ce que je dois faire, mais ce n’est pas aussi simple que cela puisse paraître… C’est peut-être aussi à cause de cela que je me révolte quand on considère notre cas comme si nous n’étions seulement que des chiffres, des éléments statistiques. Dans ces moments-là, j’ai envie de crier pour que l’on comprenne que je suis une vraie personne, avec de vrais sentiments. Eoula !